Bien manger aux US ?
Voilà une question dont certains d'entre vous pensent sûrement avoir la réponse : "au pays de la mal-bouffe, les aliments acceptables doivent être forcèment hors de prix". Le mieux pour vous présenter la situation -- au moins à Santa Cruz -- est de vous donner un petit résumé de mes aventures au pays des Bretzels assassins et des menus Mc Donald supersize.
Tout commence ... assez mal il faut l'avouer. Dans l'avion qui m'a transporté de New York à San Francisco. J'ai assez rapidement sympathisé avec les hôtesses (non je ne dragait pas, de toutes façons, dans les liaisons nationales, ils ont plutôt tendance à mettre celles qui approchent de la 50aine comme partout ailleur). Bref, elles ont pas mal discutées avec le petit frenchy qui venait en Californie pour refaire sa vie. Elles m'ont donné plein de petits conseils et tout et tout ce qui était sympa. Pour finir elles m'ont glissé un truc du genre "You have to know that we are very bad in cooking. We know it." ("Tu dois savoir que nous sommes très mauvais en cuisine. On le sait bien."). Donc confirmation du préjugé. Les personnes qui me connaissent bien peuvent imaginer que j'aurait préféré que ce dernier soit totalement faux. Je décide donc d'essayer de compenser cette lacune de mon nouveau lieu de résidence par la préparation de petits plats avec mes petites menottes.
La maison où je vit est à deux pas de deux supermarchés. Je vait donc au premier -- Safeway -- qui correspond bien aux souvenirs de mon précèdent voyage à LA :
- Organisation étrange avec la bouffe pour animaux dans le même rayon que les préservatifs et crêmes de soin. Juste en face des revues
- Viande avariée (avec une jolie coloration bleue tirant sur le vert) à moitié prix.
- ouvert 24h/24 7j/7. Juste au cas où tu aurais une envie pressante de donuts à 2 heures du mat'.
- Les prix affichés en gros sont ceux pour les personnes qui on la carte du Safeway Club et, pour un produit à $3, tu te prends facile 50 cents dans les dents si tu as pas cette carte. Cette carte est gratuite, certe, mais tu donnes tes coordonnés afin qu'ils puissent vendre ces informations &agrve; une boîte de pub ou maintenir une base de donnée sur tes habitudes afin de pouvoir mieux te piquer ton fric.
- 15 sortes de caf&eagrave;, 50 types de bières, 65 types de céréales et ... le choix entre haricots (une 15aines de types différents quand même), salade, tomate ou pomme de terre comme légumes.
J'exagére un peu mais pas tant que ça. La viande non pourrie semble gorgée de flotte ou de graisse. Sauf le porc qui semble acceptable. Mais pour faire la popotte à la maison ca semble un peu compromis. D'autant que les ingrédients "de base" sont souvent beaucoup plus chers que les trucs tout prêts avec "fat free" écrit en gros dessus (pas de graisse) mais saturés en sucres et autres techniques pour faire de la bouffe cheap qui te fera quand même grossir. Je commence vraiment à regretter les conserves William Saurin.
Disons donc que je me suis trompé de supermarché. Je vait donc aller voir le second la prochaine fois. Ce dernier se nomme Staff of Life. J'avoue que je suis agréablement surpris au prenier contact :
- Ils ont une rayon traîteur qui me semble plus que convenable avec plein de sortes de salades et pas mal de poissons (surtout préparés en sushi).
- La structure du magasin semble moins chaotique que chez les concurrents
- Ils ont beaucoup plus le choix en produits de base (je trouve de la crême fraîche, y a tout plein de légumes qui donnent pas l'impression qu'ils vont pourrir en 3 jours, ...)
- La majorité des produits ont l'indication "Organic" qui est relativement rassurante.
Mais, car il y a bien sûr un mais, la population genre bobo me laisse penser que je doit être vigilant sur le prix des
produits. En effet, les produits sont meilleurs mais la facture est salée. Autre détail un peu lourd, la tendance est ici végétarienne. Y a bien un peu de viande mais tu vas facilment acheter un steak de soja en croyant acheter un steak haché. Pour un viandard comme moi, c'est un peu risqué comme approche.
Je décide donc de couper la poire en 2 avec tout ce qui peut étre industriel pour moi et la viande chez
Safeway et les fruits, légumes et fromage (oui y en a, mais ils le pasteurisent) chez les veggies. Je me plaînt sur ce sujet auprès de mes collocs et ils me parlent vaguement d'un truc nommé Trader's Joe, au centre ville qui est -- selon Lane -- le meilleur supermarché au monde. J'aime pas trop les superlatifs de ce genre et je me voit mal faire le trajet en vélo toutes les semaines (comment je porte les sacs hein ?!). Je décide donc de reporter à plus tard la visite de ce paradis du "middle class" qui veut du sain sans y mettre tout son fric. Pour la bouffe de tous les jours donc, je bricole comme ça et arrive presque à manger de vrais repas.
Passons au peu de restos que j'ai fait durant ce mois. Le premier est un resto Sri-lankais. Mon premier vendredi aux US, je retrouve Julien (l'autre Français) au centre ville et on décide de tester un resto au "hasard". Il est pas mal mais rien d'exceptionnel. Quand on ajoute les 20% de tip pour le service je le trouve méme plutôt cher. D'autant que, j'ai beau avoir bien raclé le fond de mon assiette, j'ai toujours faim.
Le second est ... un fast-food, mais pas un McDo ou Burger King. Un petit truc local que Lane m'avait montré en me disant : "Si tu tiens à manger un hamburger ceux-ci sont pas mal.". Je comprend que lui est pas trop fan de ce type de bouffe (en même temps, il mange quasiment que des trucs genre chinois à emporter ou salades toutes prêtes sous plastique). Bon les jours passent et, un samedi, mon nez sent la bonne odeur de poivrons grillés. Je suit ma gourmandise et me retrouve donc a commander un menus dans ce "restaurant". Là, c'est en effet globalament meilleurs que les hamburgers "classiques", mais le principe est toujours le même avec ce truc : quand tu le manges tu te demandes si tu pourras le finir et, 10mn aprés l'avoir fini, tu te rends comptes que tu as encore faim (en tout cas ça me fait ça à moi). Par contre pour la boisson, je galére pour réclamer le small qui est notre medium à nous.
Je passe sur la sandwicherie où tu doit dire tout les ingrédients que tu veux pour avoir l'impression d'avoir un truc personnalisé. Et où le patron a tenu à me donner la boisson medium (càd l'équivalent d'une pinte de soda) en cadeau de bienvenue au frenchy alors que je voulait juste le
small (et pas le medium au prix du small).
Ensuite, il y a le resto avec Nidhi (la thèsarde de l'autre semaine). Là, tout le monde m'en avait dit du bien. Je doit avouer que c'est plutôt bien et pas excessif (c'est revenu à $20 par tête et on a pas pu tout finir). Le concept est un peu déroutant au départ : un mix entre cuisine italienne et indienne avec une forte tendance vegie (végétarienne). Mais le tout fonctionne bien et les épices sont présentes sans pour autant masquer le goût originel. C'est clairement ma meilleure expérience culinaire à Santa Cruz. Petit détail amusant : vendredi nous sommes allés, avec Julien, boire une petite biére dans un
bar. On quitte la bar vers les 23:00 pour se rentrer tranquilement et là, un indien bourré veut à tout prix essayer nos vélos. On le laisse se r&eatamer 2/3 fois à essayer d'enfourcher nos bolides, puis on
discute un peu avec ce type aui nous dit que les filles en France sont les meilleures femmes qu'il ait connu. Avant de nous quitter, il nous passe la carte de son resto en nous mettant un "Very Cool French Guys" sur le dos et signe. Il se trouve que c'est la patron du Malabar justement et qu'il nous a promis (bon il était bourré) de nous
servir comme des rois à notre prochaine visite. On compte bien y aller cette semaine pour voir si ça marche ;)
Dernier resto avec Lars et 2 copines à lui : un fiasco !!! On avait prévu au départ d'aller au Red Room (je vous ai déjà parlé du bar mais pas du fait qu'il a aussi une salle restaurant). Mais le placeur nous dit en substance "pas de réservation, pas de place". J'essaie de pousser les autres à téléphoner devant lui pour réserver mais, quand on me propose de la faire moi même,
je me sent pas trop de faire ce genre de plans dans l'immédiat. Ben oui, c'était le lendemain de la
soirée "tourné des bars" et mon niveau d'anglais était redescendu à celui de mon arrivée. Il n'empêche que, j'en ai parlé avec un type de mon van et il m'a dit avoir déjà fait la réservation à peine sortit pour apprendre qu'il pouvait avoir une table dans 20 minutes. Bref, le délire pseudo-élitiste qui me sort par les trous de nez. Enfin, aprè avoir un peu tourné on tombe dans un restaurant tacos. Et là, y a bien des épices mais je peut pas vous garantir si il y avait autre chose. Bien sûr j'ai bien vu quantité de crevettes dans mon assiette (rassurant car c'est ce que j'avait commandé) mais le "goût" était le même que celui des travers de porcs de ma voisine. Je met donc ce resto dans ma liste noire.
Vous commencez à vous dire que bien manger aux US est illusoire. Ben je constate de plus en plus que c'est tout à fait possible. D'abord : le Malabar (le bon resto) est raisonnable en prix et vaut bien des restaurants Toulousains -- comme "Le petit bonheur" -- pour donner aux idée aux "locaux". Et je suis loin d'avoir fait tout les restos et pense pouvoir avoir d'autres bonnes surprises (on m'a parlé d'un petit restaurant sur le port de plaisance qui ferait de très bons poissons) . Ensuite, je suis finalement allé au supermarché Trader's Joe. Et c'est vraiment bien et pas trop cher. On dira que c'est plus une grande épicerie qu'un supermarché comme on les a en France. Ils proposes des produits qui se veulent bio. J'ai une confiance limité dans ce genre d'annonce mais les
légumes ont une belle gueule, la viande est bonne, ... Bon si tu veux acheter un truc de "marque" ils on pas ça. Par contre ils ont plein de trucs de leur marque qui sont bien meilleure que le standard du genre (entre leur chips les Lays y a pas photo par exemple). C'est donc un juste équilibre entre les 2 extrêmes du début. Par exemple, j'ai mangé ce soir une entrecôte ce soir : 500g de viande tendre et goûteuse, accompagnée de petits oignons et de champignons. J'ai pris le premier choix -- faut savoir se faire plaisir de temps en temps -- et ça m'a coûté 10$ (8 €). Elle était même pas un peu périmée. Plutôt raisonnable non ?

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire